May 20, 2007
Par Caroll Azoulay pour Guysen Israël News
Moins de deux ans après les pénibles évacuations du Goush Katif, une dizaine de mois après celles des habitants du nord d’Israël, voilà que les israéliens sont à nouveau contraints de faire leur valise.
En dépit des innombrables déclarations du courageux maire de la ville de Sderot qui indiquaient que ses administrés (23 000 au total) ne fuiraient pas devant la menace terroriste, 6 000 d’entre eux ont quitté l’enfer des bombardements au cours des derniers jours.
Ce chiffre, délivré par la municipalité, dépasse largement les précédents rapports qui faisaient état du départ de 'seulement' 2 500 personnes.
Selon les listes établies par la mairie, 4 000 résidants ont emprunté les bus mis à disposition par les services d’évacuation, tandis que 2 000 ont quitté la ville par leurs propres moyens.
Un départ forcé, uniquement motivé par la volonté de ne pas devenir fou.
À chaque alerte en effet, la peur, la course et la terrible impression d’échapper de justesse à la mort.
Isolés dans ce tragique jeu de la roulette russe qui se déroule loin des grandes villes, les habitants de Sderot en ont assez de faire preuve de courage au péril de leur vie.
Las des déclarations mièvres de leurs dirigeants, ceux qui se décrivent comme des "cibles humaines" ont décidé de faire entendre leurs voix.
Des centaines de conducteurs de taxi, et de chefs d’entreprises ont entrepris de bloquer les routes conduisant à Jérusalem afin de manifester devant les bureaux du Premier ministre.
Ce dernier, qui s’était rendu à Sderot la semaine dernière, a promis la construction de 200 abris individuels par mois.
Cette décision devrait coûter plusieurs millions de shekels au gouvernement, lequel a en outre consenti à accorder le statut d’exception aux villes et aux villages situés aux frontières de Gaza.
Ce geste attendu depuis de longs mois par les citoyens de la région devrait permettre aux résidents ayant souffert de dommages matériels de prétendre à des compensations financières.
"Le conflit peut continuer encore longtemps et nous devons changer la situation de ceux qui résident autour de la Bande de Gaza " a indiqué le ministre de la Défense, Amir Peretz en proie, avec son Premier ministre, à des critiques de plus en plus nombreuses.
Des critiques particulièrement exacerbées par la multiplication des actions provenant des associations et d’un certain Arkadi Gaydamak annonçant son intention de débourser des dizaines de millions de shekels pour la sécurisation des habitations exposées aux tirs de roquettes.
Le philanthrope russo israélien qui s’était illustré pendant la seconde guerre du Liban en offrant des séjours prolongés aux habitants du Nord d’Israël, a en outre renouvelé son acte généreux en invitant 800 résidants de Sderot à passer un week-end dans un hôtel de Beersheva afin de leur permettre d’oublier, un bref espace de temps, le cauchemar des Kassam.
Une attitude héroïque dont le gouvernement se passerait bien en ces temps d’impopularité de l’après Winograd…
Toujours est-il que, contrairement à la lourde machine gouvernementale, qui, se heurtant à la paperasse bureaucratique, semble impossible à mettre en marche, la mobilisation des acteurs de la sphère privée en direction de la population bombardée de Sderot, elle, fait ses preuves.
On notera ainsi l’invitation lancée par l’association Fanny Kaplan — Tsedek à 150 enfants et adultes de Sderot à passer une journée de détente gratuite à Tibériade.
Dans un genre différent, il faut saluer les actions d’envergures de l’Agence juive. Celle-ci a en effet consacré 100 000 shekels à des aides immédiates aux victimes des Kassams.
Le 17 mai, l’Agence juive a distribué des kits d’urgence dans les abris de Sdérot et du périmètre de Gaza. Le 18 mai, l’Agence juive a offert à 150 jeunes un week-end à Jérusalem. Les enfants ont été logés dans les auberges de jeunesse Rabin et Bayit Vegan. Pendant le week-end, ils ont participé à des visites de la ville et à diverses activités éducatives.
Le même jour, le président de l’Agence juive, Zeev Bielski a annoncé que 2 millions de dollars avaient été versés par les communautés juives américaines et canadiennes afin de permettre à 8 000 enfants de Sderot de bénéficier de séjours dans des camps de vacances situés dans le centre du pays.
Autant d’initiatives qui stigmatisent les lacunes du gouvernement à œuvrer dans le but d’adoucir les souffrances indicibles de la population de Sderot.