December 28, 2006
Caroll Azoulay
En 2006, ni la guerre du Liban ni la menace iranienne ne seront venues à bout du projet sioniste des juifs de Diaspora, et en particulier de ceux issus des communautés occidentales. Cette vague d’immigration aux origines particulièrement ciblées que l’on qualifie désormais 'd’alya de choix', est finement auscultée par l’Agence Juive qui compte bien l’encourager.
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Que ce soit en France, en Angleterre ou aux États-Unis, les juifs ne cachent plus leur attirance grandissante pour Israël.
Face au malaise identitaire, à l’antisémitisme et à l’assimilation, le confort matériel parait en effet dérisoire aux yeux des juifs d’Occident qui choisissent l’alya pour échapper à des dangers qu’ils définissent, eux-mêmes, avec difficulté.
Si l’on peut se demander si le terme 'd’alya de choix' est véritablement approprié dans la mesure où la notion de danger, même confus, est déterminante dans leur décision d’immigrer en Israël, il n’en reste pas moins que l’idéologie sioniste a progressé significativement au sein de ces foyers. Une explication qui donnerait, dès lors, toute sa légitimité à la formule 'd’alya de choix'.
En 2005, 22 657 juifs de Diaspora avaient choisi de devenir israéliens comparé à 22 134 en 2004. L’année 2006 enregistre ainsi une nouvelle baisse, encore plus significative, avec seulement 21 000 immigrants arrivés en Israël.
Si le chiffre n’a donc rien de remarquable en soi, il présente cependant un intérêt particulier dans la mesure où il est annonciateur d’une nouvelle tendance au sein du monde juif.
Contre toute attente, ce sont en effet les juifs occidentaux qui ont marqué de leur empreinte le bilan de l’immigration 2 006.
Ce courant que l’on devinait déjà en 2005 se confirme cette année avec une immigration record en provenance du Royaume Uni et des États-Unis.
Pulvérisant les chiffres respectivement enregistrés depuis 22 et 23 ans, 720 juifs anglais (contre 450 en 2006) et 3 200 juifs américains (contre 2,987) ont rejoint Israël en 2006.
Fin décembre, le dernier vol d’olim de l’année est arrivé en Israël avec, à son bord, 230 olims originaires des États-Unis et d’Angleterre.
Au total ce sont plus de 7 avions remplis d’immigrants originaire d’Amérique du Nord qui se sont posés sur la terre promise au cours de l’année 2006. Une performance à mettre au crédit de l’association israélo américaine " Nefesh b’Nefesh".
Crée en 2002 avec le soutien inconditionnel de l’Agence juive, elle a véritablement revivifié l’alya en provenance d’Amérique du Nord en sensibilisant les communautés juives de cette région à l’expression la plus accomplie du sionisme.
Le 27 décembre, à l’aéroport J.F Kennedy de New-York, Nefesh b’Nefesh organisait une cérémonie en l’honneur du 10 000 e immigrant s’envolant pour Israël. "Lorsque nous avons créé l’organisation, ce chiffre représentait un palier à atteindre et il s’agit donc d’un moment particulièrement émouvant" a indiqué le rabbin Yoshua Fass, l’un des fondateurs de Nefesh b’Nefesh.
L’objectif est désormais de faciliter l’alya de 5 000 nouveaux immigrants par an, ont indiqué les responsables, lequels sont convaincus d’atteindre ce chiffre d’ici les deux prochaines années.
Calquée sur le modèle de Nefesh b’Nefesh, l’association française AMI a de son côté fortement contribué à l’alya des juifs de France en leur offrant une série d’avantages destinés à conforter l’intégration des juifs de France en Israël.
Crée par Pierre Besnainou, elle représente désormais un atout majeur dans la stratégie de l’Agence Juive à Paris, laquelle s’appuie sur cette collaboration pour fournir aux olims allocations d’intégration, oulpan, et aides à l’emploi.
"AMI est aux côtés de ceux qui sont décidés à réussir en Israël, sans néanmoins oublier ceux qui n’ont pas les outils pour y parvenir" indique le directeur de l’association, Avi Zana.
D’ailleurs, si l’alya de France a enregistré une légère baisse en 2006 avec 2,900 immigrants contre 3 005 en 2005, elle reste toujours en tête du peloton, en terme de proportion démographique. Un succès que l’on doit probablement à la stratégie de diversification et d’adaptation mise en place par l’Agence Juive, mais très certainement aussi à la précieuse initiative de AMI…
Pour compléter le tour d’horizon de l’alya 2006, il faut à présent regarder du côté de l’ancienne URSS. Et là, les chiffres s’essoufflent : 7 300 immigrants sont arrivés en Terre sainte en 2006, soit une baisse de 23 % par rapport à l’année précédente.
Mais pas d’inquiétude, les juifs de l’ex URSS représentent toujours le plus important 'réservoir' d’olim pour Israël, et cette année encore, ils ont constitué 35 % du total des immigrants…
Plus au sud, 1 450 olim originaires d’Amérique Latine ont rejoint Israël.
3 600 juifs éthiopiens ont également fait leur alya, tandis que pour la première fois, 220 membres de la communauté des Bné Menaché (originaire d’Inde) venaient s’ajouter au contingent des origines répertoriées par le ministère de l’Intégration.
En parallèle de ces chiffres relatifs à l’immigration, il faut noter un net engouement des jeunes pour les programmes éducatifs de court et moyen terme en Israël (incluant "Birthright" et "l’Expérience israélienne"). Au total, 49 000 jeunes y ont participé contre seulement 29,712 en 2005.
On enregistre par ailleurs une augmentation sensible de la participation des jeunes adultes aux programmes éducatifs de longs termes proposés dans le cadre de ’Massa' : + 17 % soit 6,700 cette année contre 5,583 en 2005.
"Je suis heureux de constater que la guerre dans le Nord n’a pas porté préjudice à l’alya ou aux visites en Israël. Après la difficile année que nous avons vécue, nous sommes convaincus que l’amélioration de la situation sécuritaire et économique renforcera le sentiment de sécurité. Ensemble, grâce à la mise en œuvre de la nouvelle politique menée par l’Agence juive qui consiste à encourager 'l’alya de choix', nous prouverons nos succès en augmentant l’alya et les visites en Israël" a indiqué le président de l’Agence Juive, Zeev Bielsy, à l’occasion de la publication de ces chiffres.
Alya par choix ou alya par obligation, une chose est sûre : "la lutte qu’il serait insensé de perdre aujourd’hui c’est le combat pour la Terre" (Manitou).
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