{4F805597-AC32-42F4-9EE2-BAD88CE3B8B2} Dvar Tora French
Search Advanced
Home About Us Aliyah & Absorption Partnerships with Israel Jewish Zionist Education Responding to Crises Contact Us 
You are here :   Jewish Zionist Education Training Programs Fields Shlichim Guidance Zo Shlichut 12 Dvar Tora French
המחלקה לחינוך יהודי-ציוני, חטיבת האופק, תחום ליווי שליחים
א' באדר תשס"ז, 19 בפברואר 2007 


La transformation dans la personnalité de la reine Esther

"Queen Esther Holding The Evidence
For Haman's Guilt, mosaic, 2002, by Lilian Broca

Guili Zivan

Pourim est la fête dont le principe se résume en ces deux mots:  "Vanahafoch hou" (tout s'inversera).  C'est la fête des opposés.

L'héroïne des rouleaux d'Esther subit une extraordinaire transformation, tout à fait théâtrale.  Alors que le personnage d'Esther au début des rouleaux est passif, soumis et docile – une espèce de marionnette dont les fils sont tirés par des hommes occupant différentes fonctions - "Sois belle et tais-toi ":  voici le message qu'Esther reçoit de tous ceux qui l'entourent et ce message, elle l'a parfaitement intériorisé.  Dans la seconde partie des rouleaux, c'est une Esther totalement différente qui s'offre à nos yeux:  une personne active, sachant prendre des initiatives, sachant manœuvrer et diriger.

Comment cette transformation s'est-elle produite?

C'est à travers son oncle, Mardochée, que nous entendons parler pour la première fois d'Esther.  Elle est décrite en ces termes:  "belle de taille et belle de visage" (Les rouleaux d'Esther, chap. II, 7).  Il n'est à aucun moment fait mention de ces traits de caractère, de ses qualités et défauts.  Elle a été adoptée par son oncle Mardochée, à la mort de ses parents et nous ne savons absolument rien de sa volonté.  Même lorsqu'elle fut emmenée au palais du roi et confiée à la direction de Hegai, gardien des femmes, on ne nous décrit pas ce qu'elle ressent:  " Esther fut emmenée au palais du roi" (Ibid., chap. II, 8) [les mots en caractères gras sont de moi – G.Z.].  Nous n'entendons pas sa voix.  Elle est prise au palais (ou plus exactement au harem) comme un objet et, là, elle est soumise à toutes sortes de soins cosmétiques.  Elle plait à Hegai, le gardien des femmes, comme d'ailleurs à tous ceux qui la voient, non pas seulement en vertu de sa grande beauté mais encore en vertu de sa profonde obéissance: "Esther ne révéla ni son peuple, ni son origine, comme le lui avait recommandé Mardochée, Esther se conformant aux instructions de Mardochée " (Ibid., chap. II, 20). Esther n'est pas maîtresse de la situation.  Elle ressemble à un objet que l'on déplace d'un endroit à l'autre, sans aucune volonté propre: "lorsque le tour d'Esther …fut venu de paraître devant le roi, elle ne demanda rien en dehors de ce que proposait Hegai, eunuque du roi, gardien des femmes" (Ibid. chap. II, 15).  Quand, enfin, elle se décide à parler, c'est au nom de Mardochée qu'elle parle:  "…qui en fit part au roi, au nom de Mardochée" "(Ibid., chap. II, 22).

La description de la catastrophe qui s'abat sur les Juifs de Suse (chap. III) ne mentionne à aucun moment Esther. Elle se trouvait dans la maison du roi, bien loin de la ville de Suse "qui était en consternation" (Ibid., chap. III, 15).  Elle n'est pas mentionnée parmi les Juifs qui prennent le deuil (début du chapitre IV).  Elle se trouve au palais, déconnectée du peuple.  Les Juifs de Suse jeûnent, pleurent et se lamentent, portent le sac et le cilice du deuil – et Esther n'est toujours pas au courant.

Quand, enfin, elle lance une initiative, l'initiative semble ridicule à la lumière de l'ampleur de la tragédie qui va s'abattre sur les Juifs de Suse. Au lieu de se renseigner auprès de Mardochée sur les raisons de son deuil et sur la catastrophe qui a eu lieu, elle lui envoie des vêtements de rechange.  Il les refuse et met Esther au courant de la catastrophe en prévision et l'implore de faire quelque chose.

 Mais, Esther, qui durant toute sa vie n'a fait qu'obéir – s'y refuse.  Sans être invitée par le roi, elle n'ose pas se présenter devant lui.  Mardochée demande à cette femme obéissante, belle et soumise de rompre toutes conventions:  " Ne te berce pas de l'illusion que, seule d'entre les Juifs, tu échapperas au danger, grâce au palais du roi: car si  tu persistes à garder le silence à l'heure où nous sommes, la délivrance et le salut surgiront pour les Juifs d'autre part, tandis que toi et la maison de ton père vous périrez.  Et qui sait si ce n'est pas pour une conjoncture pareille que tu es parvenue à la royauté" (chap. IV, 13-14).

Ces paroles déclanchent la transformation dans le comportement d'Esther.  Elles font surgir des tréfonds de la personnalité de cette femme soumise et obéissante, la femme intrépide et leader qui s'y trouvait cachée.  A partir de ce moment, c'est "une autre Esther" qui se dévoile, une Esther pleine d'initiative et d'ardeur, en un mot - une leader.

C'est Esther qui donne, à partir de ce moment, des ordres à Mardochée  et non pas le contraire.  Elle lui ordonne de rassembler tous les Juifs de Suse et "qu'ils jeûnent à mon intention" (Ibid., 16).  C'est comme si elle disait au peuple:  " J'ai besoin de votre soutien, seule, je ne suis rien, mais vous vous tiendrez à mes côtés et je trouverai la force de me présenter devant le roi même sans qu'il ne m'est fait appelée."

La transformation dans la personnalité d'Esther est double: elle passe de la femme, habituée à recevoir des ordres, à celle qui en donne aux autres et les dirigent et de la jeune fille, belle, entièrement préoccupée par sa personne, à une leader soutenue par son peuple , impliquée dans son destin : " Moi aussi avec mes suivantes, je jeûnerai de la même façon"  et se mettant en danger pour lui: "et puis je me présenterai au roi , et si je dois périr, je périrai!"  (Ibid., 16).

Le Midrash a mis l'accent sur la transformation traversée par Esther:

" Le troisième jour, Esther se revêtit de la royauté (Malchout)" [il aurait du être écrit de ses vêtements de reine – G.Z].  Pour rabbi Eleazar et rabbi Hanina:  elle s'est revêtue de l'esprit divin" (Massechet Meguila, page 15, 61).

La transformation qu'a subi Esther est énorme.  Elle puise sa force et sa sagesse dans l'esprit divin nommé "Malchout".

Du chapitre VI et jusqu'à la fin des rouleaux, Esther continuera à manier les fils invisiblement autant qu'ouvertement, élira Mardochée, organisera des festins, initiera la résiliation de l'édit d'Hamann, recevra des rapports directs d' Assuérus et institutionnalisera  la mémoire de Pourim  pour les générations à venir:  " Puis la reine Esther, fille d'Avihail, et le Juif Mardochée écrivirent de nouveau … pour donner force de loi à cette seconde missive de Pourim …"(chap. IX, 29).

L'histoire d'Esther peut servir, à nous autres, lectrices et lecteurs du XXIème siècle, de merveilleux exemple sur la capacité qu'ont les hommes à changer totalement quand, par suite d'une situation historique particulière, ils ont a relever un défi auquel ils ne s'attendaient pas.

Selon la formule du Rav Yossef David Solobietchik, l'histoire d'Esther est celle de tous ceux qui donnent un sens à leur existence et en font une existence pleine de volonté, d'élan et d'initiative.

 Son histoire est aussi l'histoire de la force féminine.  Elle encourage les femmes à croire en leur force, même si celle ci n'est pas encore reconnue par la culture dans laquelle nous vivons. Dans chacune de nous, il existe "une autre Esther", celle qui était cachée dans les tréfonds de la femme, belle et soumise.

Dr Guili Zivan, membre du kibboutz Sa'ad, est directrice du centre Yaakov Herzog et enseigne le Tanach, le Midrash et la philosophie juive. Elle participe activement à l'avancement de la cause des femmes et contribue à la création de groupes de prières pour femmes au kibboutz Sa'ad. Elle a, dans le passé, rempli les fonctions d'éducatrice et d'enseignante au lycée du kibboutz.

 


Send to A Friend
  
Print
Back to Top
Monday 22 March, 2010 (c) All rights reserved to the Jewish Agency יום שני ז' ניסן תש"ע