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א' באייר תשס"ז, 19 באפריל 2007


Entre viande et lait

Rédigé par: Ayala Gliksberg

Dans les prières de fêtes nous disons: "Tu nous as choisi entre toutes les nations ". Est-ce que ce choix de peuple élu est un choix qui a été pris une fois pour toutes ou bien doit-il être renouvelé de temps en temps? Est-il bon d'être le peuple élu ou est-ce un statut difficile et redoutable? De même que dans le cas de la question posée par les Sages, à savoir: La création de l'homme est-elle bonne à l'homme ou lui aurait-il mieux valu ne pas avoir été créé? La précédente question engage un débat philosophique mais la réalité qui prouve notre existence personnelle et notre existence nationale est plus forte que tout débat sur la question.

Bien que le respect des commandements de la Torah et sa conservation représente une lourde responsabilité, tous seront d'accord avec moi pour dire que la fête la plus facile à respecter est la fête de Shavou'ot commémorant le souvenir du " don de la Torah" qui, ne dure, contrairement à certaines autres fêtes, qu'une journée (à l'étranger, on rajoute un jour de fête) au lieu de huit. Les préparations aux deux autres Regalim (fêtes de pèlerinages) sont nombreuses et sont loin d'être simples. La construction d'une Soukah, l'acquisition des quatre espèces avant la fête et l'obligation de quitter pendant huit jours la maison pour vivre dans la Soukah – représentent des changements importants dans le mode de vie quotidien; sans compter la fête de Pessach qui exige un nettoyage à fond de la maison, le changement des ustensiles de cuisine et l'obligation de manger des Matsot (pains azymes) durant les sept jours de fête. Tous ces commandements ont une énorme influence sur l'âme humaine.

A Shavou'ot, par contre, il est possible de manger ce que l'on veut, où on veut : des plats de lait ou de viande, à l'intérieur de la maison ou à l'ombre d'un figuier. Bien que le jour de commémoration du don de la Torah ne soit pas accompagné de spéciales préparations techniques, physiques ou culinaires, la signification de ce jour n'en est pas moins grande et durant 49 jours, nous préparons notre âme à la réception de ce grand jour - le jour au cours duquel nous avons reçu la Torah.

Le compte de l'Omer durant 49 jours, du deuxième soir de Pessach à Shavou'ot, est une période de purification progressive de l'âme et d’élévation spirituelle.

La préparation à la fête de Shavou'ot est spirituelle et l'influence de ce jour se fait sentir tout au long de l'année. A chaque heure nous nous engageons à recevoir de nouveau le royaume de Dieu. Ni la nourriture ni le côté matériel de la vie représente le sujet central de cette fête; la nourriture est simple et frugale – des plats à base de laitage. Pourquoi de la nourriture à base de laitage? Un Midrash populaire l'explique ainsi: Comme, jusqu'au don de la Torah sur le mont Sinaï, les lois de cashrout n'etaient pas connues il fallait donner au peuple un certain temps pour s'organiser et étudier les lois de Shehita et autres lois. Jusque là, on mangerait des nourritures à base de lait. De nos jours, certains l'expliquent de la sorte: après un repas à base de viande, on devient léthargique et il est très difficile de rester réveillé toute la nuit à étudier la Torah. Aussi, est ce la raison pour laquelle on a tendance à manger des plats à base de lait qui sont plus légers.

La question des nourritures permises et interdites est un des sujets centraux de l'unicité du peuple d'Israël et de sa séparation d'entre les autres nations. " C’est cette promesse qui a protégé nos ancêtres et nous protège nous-mêmes - A chaque génération l’ennemi se lève contre nous pour nous exterminer et le Saint béni soit-Il nous sauve de ses mains". Sur ce verset, récité la nuit du Seder au cours de la description de la délivrance du peuple d'Israël, Chazal ont dit: ce verre que nous tenons entre nos mains symbolise la séparation entre nous et les autres nations, car nous ne buvons pas de leurs vins et ne mangeons pas de leurs nourritures. C'est ce verre de vin pur qui veille sur nous et nous sauve.

Sur l'observance des Mitsvot en général, il est dit:" observez les et pratiquez les! Ce sera la votre sagesse et votre intelligence aux yeux des peuples car lorsqu'ils auront connaissance de toutes ses lois, ils diront elle ne peut être que sage et intelligente, cette grande nation!" (Deutéronome,IV - 6). Les Mitsvot englobent tous les domaines de notre vie, de la naissance a la mort. Il existe des Mitsvot saisonnières et des Mitsvot quotidiennes. Il y en qui ne s'adressent qu'à certains groupes particuliers comme par exemple celle de la bénédiction des Cohanim à laquelle seuls les Cohanim sont soumis ou la mitsva du Pidyon Haben – rachat des aînés qui ne s'applique qu'au premier né mâle. Mais les commandements liés à la nourriture s'observent quotidiennement. La séparation entre la viande et le lait existe dans le quotidien. La consommation de viande comporte de nombreuses règles restrictives, quelles sont les bêtes qui sont pures et celles qui ne le sont pas? Les bêtes pures autorisées à la consommation ne peuvent être mangées qu'après avoir été abattues selon les règles de la shehita (abattage rituel) et avoir été préparées selon les règles de la casheroute (saler et rincer). Quel est le but de ces règles? Nos sages disent: "Qu'importe t il à Dieu que les bêtes soient abattues de cette manière et non d'une autre manière? Puisque les Mitsvot ont été données pour affiner les hommes (Genèse Rabba 44 – 1).

A notre époque, avec le développement de la conscience de l'importance de l'alimentation et de ses effets sur l'âme humaine, s'intensifie aussi la conscience de l'importance des règles de la casheroute juive. La conscience que nous ne pouvons manger de tout et que même les aliments permis exigent une certaine préparation nous enseigne la retenue. Et à propos de retenue, Rav Israel Massalent fait une remarque intéressante: "De la même manière que nous devons faire attention à ce que nous introduisons dans notre bouche, nous devons faire attention à ce qui sort de notre bouche".

Dr Ayala Gliksberg enseigne la philosophie et est la femme du grand rabbin de Givataim. Elle a écrit les ouvrages suivants: "La femme dans le Judaïsme vaut plus" et "ouvrons une fenêtre". Jusqu'à récemment, elle était conseillère principale au bureau du premier ministre en matière d'avancement du statut de la femme et était responsable de la rédaction d'une colonne dans le journal " Ma'Ariv ".

 


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