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Un système performant, à la pointe

Yeshezkel Taler : " Je vois d'un très bon œil la multiplication des programmes spécialement conçus à l'attention des étudiants juif de France".

 

À l'occasion de ce supplément exceptionnel, nous avons tenu à rencontrer le professeur Yeshezkel Taler, vice-président du Conseil pour l’Éducation Supérieure. Il évoque la nécessité pour Israël de demeurer au top des tops en matière de hautes études.

 

Pouvez-vous nous expliquer brièvement comment fonctionne le Conseil pour l’Éducation Supérieure ?

 

Professeur Taler : Présidé par le ministre de l'Éducation, le Conseil pour l’Éducation Supérieure est le seul corps à pouvoir reconnaître les instituts d'études supérieures et les autoriser à décerner des diplômes universitaires.

 

Outre le président, le Conseil est composé de 24 membres, personnellement nommés par le président de l'État d'Israël sur les recommandations du Gouvernement. Au moins deux tiers de ces membres sont des universitaires.

 

Une de ses principales spécificités est qu'il est complètement indépendant, administrativement et politiquement, ce qui lui assure une stabilité et une notoriété que nous envie de nombreux pays dans le monde. Son budget est de 5,5 milliards de shekels.

 

 

Depuis une dizaine d'années une multitude de Michlalot - instituts d’études supérieures - ont éclos en Israël. Quel regard portez-vous sur ces institutions non universitaires ?

 

P.T : Dans les années quatre-vingt, l'alya des juifs russes, le baby-boom qui a suivi la guerre des Six jours, et l'augmentation des bacheliers ont entraîné une demande accrue dans le secteur de l'enseignement supérieur. Ce mouvement a également provoqué la nécessité de démocratiser le monde des études supérieures par un abaissement des coûts des études. Cet ensemble de raisons a conduit à la création de ces Michlalot, qui dispensent des diplômes reconnus de premier et de deuxième cycle. Enfin, le fait que ces instituts soient présents sur l'ensemble du territoire a encouragé le rapprochement social entre les différentes couches de la population. Nous veillons à ce qu'ils répondent aux critères d'excellence qui caractérisent l'enseignement supérieur en Israël. Néanmoins nous ne voulons pas qu'ils se transforment en universités, lesquelles sont seules aptes à délivrer des doctorats.

 

 

Cette réticence répond-elle à une politique élitiste ?

 

P.T : Oui effectivement. Ce n'est qu'avec une politique élitiste que nous pourrons continuer à offrir au monde autant de prix Nobel… Il serait dommage de disperser l'excellence académique qui caractérise la recherche dans d'innombrables institutions. Cela reviendrait à la perdre peu à peu.

Parallèlement je tiens à préciser que nous ne faisons absolument pas de différences entre les diplômes délivrés dans nos Michlalot, qui sont réputés pour leur excellent enseignement et ceux délivrés dans les universités, lesquelles acétylent essentiellement des étudiants qui se destinent à la recherche.

 

Où se situe le niveau général de l'éducation supérieure israélienne par rapport à l'Europe ou les États-Unis ?

 

P.T : C'est en toute fierté, mais en toute objectivité, que je puis affirmer que nous nous plaçons parmi les meilleurs au monde dans ce domaine. Il est évident que cette excellence varie selon les matières étudiées, mais par exemple les sciences de l'informatique nous placent au top de la liste, les sciences fondamentales en second plan. Récemment l'université de Shangaï a publié un classement très sérieux sur les 500 meilleures universités au monde. L'ensemble de nos universités figurent dans la liste. La première université israélienne figure à la 90 e place, ce qui est très honorable au regard du nombre d'universités américaines présentes dans cette liste.

 

Quel est votre projet prioritaire pour l'année 2006 ?

 

P.T : Nous avons récemment lancé une grande enquête publique pour examiner de près la qualité des diverses institutions d'études supérieures israéliennes. L'objectif est non seulement de vérifier qu'ils répondent aux standards imposés, mais aussi de leur demander de les élever, afin de conserver notre niveau international, et d'assurer à nos élèves les critères les plus élevés correspondants à leurs aspirations et leurs capacités. Après les sciences de l'informatique et le droit, nous examinerons 8 nouveaux domaines d'étude cette année. Un projet sérieux et ambitieux dont les premiers bénéficiaires seront les étudiants.

 

Quel regard portez-vous sur l'alya des étudiants juifs de France en Israël ?

 

P.T : Je vois d'un très bon œil la multiplication des programmes spécialement conçus à l'attention des étudiants juif de France. Nous sommes déterminés à soutenir l'Agence Juive et le ministère de l'Intégration à les encourager à venir et à les aider à s'intégrer.

 

Entretien réalisé par Caroll azoulay


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