Novembre 14, 2009 / 27 Cheshvan 5770
Quitter sa famille et ses amis est une des parties les plus difficiles de l'émigration. Lorsque l'on est encore dépendant de ses parents, l'expérience est sans doute particulière.
Quitter le cocon familiale rassurant, l'école ou l'ambiance de l'université lorsqu'on n'a pas encore acquis une réelle expérience de la vie, la vraie, et se retrouver seul dans un nouveau pays, avec des difficultés à s'exprimer dans la langue étrangère, peu ou pas d'amis ou de famille est sans conteste une difficile épreuve.
Mais l'Agence Juive s'efforce de rendre cette partie de l'Alyah plus facile et plus agréable, grâce au département de l'Alyah et de l'Intégration.
"L'Alyah sur un tapis rouge" est le premier pas en vue d’une intégration réussie.
Parti d'un concept venant d'Afrique du sud en 2007, elle a été utilisée par le directeur du centre Israël et émissaire d'Alyah à Johannesburg, Ofer Dahan, et a dépassé les espérances de réussite.
Dégageant le nouvel immigrant de tous les soucis et cauchemars propres à l’administration, l’Agence juive lui permet d’atterrir en douceur en Israël.

Jeunes filles venues de France à la réunion de "l'Alya sur un tapis rouge".
En deux jours, les nouveaux immigrants obtiennent leur carte d'immigrant (nécessaire pour recevoir différentes aides), leur carte d'identité israélienne (la preuve qu'ils sont citoyens du pays), un compte bancaire, un téléphone portable, l'assurance maladie, etc...
En octroyant ces services dans les heures qui suivent l'arrivée des nouveaux immigrants, l'Agence Juive leur évite de pénibles expériences qui durent des semaines et parfois des mois.
Ce processus aide les jeunes immigrants à passer de leur maison d'origine à leur nouveau "chez eux" avec plus de facilité, et à s'adapter à leur nouvelle vie avec le moins de stress possible.
Jeunes non-accompagnés et jeunes adultes.
Durant le mois d'octobre, pendant deux jours, près de deux cents immigrants venant de huit pays différents sont venus s'installer en Israël, quatre-vingts d'entre eux ayant moins de trente ans. Parmi ces jeunes, trente avaient entre quinze et vingt ans.
Ce fût la première expérience générale de « l'Alyah sur un tapis rouge ». Les immigrants venaient de France (60), d’Afrique du sud (50), de Suisse (1), de Belgique (1), du Mexique (4), de CEI (30), du Royaume-Uni (35) et de Turquie (1).
Chaque nouvel immigrant reçut sa "Tehoudat zeout" (carte d'identité) durant une cérémonie sur la place près du bâtiment historique où le premier président, Haïm Weitzman, a prêté serment.
Dans ce bâtiment, siègent à présent l'Agence juive et le "Keren Hayessod" (Appel Juif Unifié)
L'enthousiasme de ces jeunes gens était palpable. Leur émotion à l'idée de commencer une nouvelle vie sautait aux yeux. La plupart d'entre eux se firent des amis quelques jours après avoir quitté leur pays natal.
Certains diront qu'il est plus facile pour une jeune personne de faire son Alyah, de s'adapter à une nouvelle vie et d'y relever des défis. Pour certains, cette nouvelle vie est cependant parsemée de défis qui semblent insurmontables.
L'Agence Juive leur propose pour cela une multitude de programmes consacrés à l’éducation, à l’encouragement à l’Alya et à l’aide à l’intégration.
Parmi les options proposées : des programmes scolaires (Naalé, Yessodot, et des programmes spécifiques issus de différents mouvements de jeunesse), des programmes de durée plus où moins longue comme Taglith, Shnat, Masa ou l’oulpan Kibboutz.
Actuellement, on peut dire que ces programmes fonctionnent à merveille et sont de grandes réussites. Chaque jeune n'ayant pas atteint les trente ans a pu réaliser une expérience unique.
De jeunes étudiants racontent leur histoire.
Jason Paradise, 19 ans, natif de Captown, Afrique du sud, croit qu'il est important pour chaque jeune juif de servir dans l'armée israélienne. Une fois ses trois mois d'oulpan écoulés, il se sentit prêt à rejoindre la marine bien qu'il connaisse la difficulté d'y être admis. "J'aime beaucoup être dans l'eau" dit-il "et c'est mon rêve de faire partie de la marine."
En rejoignant l'armée israélienne sans aucune famille, Jason a immédiatement reçu le statut de soldat seul et a donc pu recevoir une aide destinée exclusivement aux soldats dans sa situation, venant d’une fondation de l'Agence Juive créée à cet effet.
Cette fondation assiste les nouveaux immigrants venant servir leur pays et ne possédant pas de famille en Israël, notamment par une aide financière couvrant une partie des frais de base.
Ayant quitté ses parents et son jeune frère en Afrique du sud, Jason est arrivé dans un premier temps dans un kibboutz, dans le nord du pays, près de Haïfa. Ce kibboutz comporte la meilleure équipe de hockey sur glace du pays, un sport qu'il a pratiqué en compétition.

Jason Paradise recevant un présent d'Elie Cohen, directeur général du département
de l'Alyah et de l'Intégration de l'Agence Juive, à l'occasion de son Alyah.
Jason a visité Israël pour la première fois très récemment. Il ne lui a pas fallu longtemps pour réaliser qu'il désirait rester dans ce pays: "Je me suis rendu compte qu'il n'y avait pas de meilleur moyen que l’Alya pour venir en Israël". Jason poursuit: "Lorsque je suis venu en Israël en août et en septembre, je suis littéralement tombé amoureux de ce pays et je ne voulais plus le quitter. Je suis néanmoins retourné en Afrique du sud pour me séparer de ma famille".
"Ce qui est amusant c'est que mes parents voulaient que je vienne en Israël pour poursuivre mes études et j'ai refusé...Il n'était pas question que je vienne dans un pays où je n'avais jamais mis les pieds auparavant. Nous avons donc décidé avec mes parents que je viendrai pour les vacances et que je verrai...
Lorsque je suis arrivé et que j'ai vu des soldats portant les uniformes, j'ai immédiatement voulu rejoindre l'armée israélienne, mais je voulais auparavant me promener et visiter ce nouveau pays en compagnie d'un ami.
Je suis allé du nord au sud, d'est en ouest et j'ai visité la plupart des grandes villes excepté Jérusalem...mais il y a encore du temps pour ça, Jérusalem ne se sauve pas! "
Jason a bien profité de ses vacances et il décida où allait être désormais son avenir. Une fois revenu en Afrique du sud, il contacta au plus tôt l'Agence Juive. "Ils ont tout fait pour moi, je n'avais plus qu'à signer quelques papiers et à faire mes valises" se souvient-il.
Aharon Waltuch, 24 ans, Bâle, Suisse.
Ce jeune a décidé de faire son Alya lorsqu'il était membre du Bné Akiva, depuis près de dix ans: "J'ai changé d'avis une centaine de fois jusqu'à prendre cette décision, mais entre temps, je venais en tant que touriste assez souvent. J'ai commencé à étudier dans une Yéchiva pendant sept mois à Petah-Tikva, ensuite j'ai préparé mon examen au barreau.
Aharon possède une licence de droit de l’université de Bâle et désormais un master de l’université de Bar Ilan.
Il a fait son Alyah sans sa famille.

Aron Waltuch, Né en Suisse.
Aron a fait des recherches approfondies avant d'arriver en Israël: "Je prenais des renseignements auprès de personnes qui avaient déjà fait leur Alya, j'ai vérifié les avantages et les inconvénients si je venais. Toutes les recherches que j'ai faites et les informations sur les différentes procédures que j'ai rassemblées m'ont permis d'éviter les mauvaises surprises."
"J'ai été agréablement surpris de voir les personnes travaillant à l 'Agence Juive s'occuper de moi et m'expliquer les différentes procédures à suivre. Je ne suis pas naïf, je sais que je vais être un citoyen israélien comme un autre et que mon statut d'olé hadach ne va pas me quitter de sitôt... mais c'est tout de même agréable d'être bien accueilli. La vie va être certainement assez difficile dans ce nouveau pays et je souhaiterais dire un grand " kol akavod "(Bravo) à tous ceux qui travaillent à l'Agence Juive et qui nous permettent une Alyah plus facile."
Alicia Abitan, 18 ans, Tsila Ayache 22 ans, et Simha Benoliel 19 ans, France.
Ces jeunes filles ont beaucoup en commun: elles sont jeunes et ont fait leur Alyah en même temps, elles étudient ingénierie, deux d'entre elles se spécialisant en informatique.
Alicia, qui a décidé de venir en Israël d'abord dans le cadre d'un programme long avant de faire son Alya, vient de terminer sa première année d'étude à Jérusalem: "Je suis venue plusieurs fois en Israël, mais là, je voulais vraiment être sûre de vouloir y habiter définitivement avant de faire mon Alya de manière officielle. J'ai donc choisi de commencer par le programme Masa qui aide financièrement les étudiants."
Cette année passée en Israël l'a convaincue que c'est ici qu'elle passera le reste de sa vie.
"J'ai toujours recherché mon identité, et désirée vivre avec mes frères et sœurs juifs. En Europe, le poids de la Seconde guerre mondiale est encore pesant, et ce n'est que lorsque je suis en Israël que je me sens vraiment chez moi. Je sais que la Shoah ne se reproduira plus. Je sais aussi qu'il est très difficile d'habiter sur cette terre et dans ce pays, mais il est très important d'y vivre. Nous avons attendu plus de deux mille ans ce moment, j'espère que tout les juifs comprendront l'importance de faire l’Alya."
Alicia voulait habiter en Israël depuis l'âge de huit ans. Elle fréquentait le Bné Akiva, ce qui a beaucoup influencé sa décision de faire son Alya. Elle est aussi venue comme touriste de nombreuses fois auparavant, depuis son plus jeune âge.
En 2008, elle décide de rejoindre un séminaire du Bné Akiva, afin d'étudier la Torah et d'apprendre l'hébreu, pour goûter à une expérience israélienne. Lorsqu'elle décida d'étudier à l'université, elle prépara ses examens d'entrée. Elle est, à présent, une étudiante dans une université israélienne.
"Israël est le pays des Juifs, et c'est bon de se sentir chez soi! En France, il est difficile de se sentir française à part entière, il y a trop d'obstacles. Ici, je peux vivre avec mes frères juifs, ma famille. Israël est un pays jeune et nous voyons des progrès tous les jours, et surtout, nous sommes libres d'exprimer librement notre religion. En France, c'est très complexe d'être Juif et de pratiquer notre religion, même de manger cacher. On ne peut même pas porter la kippa...ou même de se couvrir la tête pour une femme mariée... Ici c'est tellement plus simple, je me sens vraiment libre de faire ce que je choisis."
Simha, elle, a décidé de faire son Alya seulement cette année, bien qu'elle y pensait depuis longtemps. Elle explique: "Quand j'avais treize ans, j'ai demandé à mes parents de me permettre d'aller en Israël et d'y poursuivre mes études... ils ont refusé. Alors j'ai attendu d'avoir mon bac pour venir seule."
Elle se sent très proche d'Israël et son rêve est de faire grandir ses futurs enfants dans ce pays où l'on peut "pratiquer librement son judaïsme et le partager avec d'autres Juifs."
Ore Goldammer, 24 ans n'est pas un nouvel immigrant, car ses parents sont israélien. Mais l’expérience qu'il a eut avec le programme Masa auquel il a participé l'a convaincu de revenir. Contrairement à ses frères et sœur aînés, il n'est pas né en Israël mais à Johannesburg, en Afrique du sud, comme sa sœur cadette Guilly; Agée de 22 ans, Ore raconte "Un jour nous avons eu (avec Guilly) une discussion importante où nous avons décidé de venir étudier en Israël. Nous avons tous les deux rejoint la Mehina de Bar Ilan. Mon programme était à travers Masa qui est une excellente structure."
Maintenant, Guilly étudie psychologie à Tel Haï, et moi j'étudie sciences politiques à Bar Ilan.

Ore Goldgamme (à droite) avec un autre olé hadach (nouvel immigrant).
Une autre différence entre Ore (prononcez Ouri), Guilly et les autres nouveaux immigrants est que leur parents sont maintenant en Israël. Ils ne sont donc plus seuls. Le père d’Ore fait l’aller-retour durant l’année avec l’Afrique du Sud ou il a toujours une affaire.
Mais l'influence des programmes de l'Agence Juive a été importante pour tous.
Ore reprend: "J'ai décidé de revenir en Israël car j'y ai goûté à la vie estudiantine et ça m'a plu. Je pense qu'étant jeune je devais prendre cette opportunité au sérieux et j'en suis tellement satisfait! J'ai rejoins le programme de Masa l'année dernière et j'ai pu apprécier leur aide qui m'a facilité certaines choses. Je cherchais à approfondir mon éducation et à apprendre mieux l’hébreu. Maintenant je parle couramment mais j'ai encore beaucoup à apprendre. Et l'endroit idéal pour me perfectionner, c'est bien Israël.
Pour de plus amples informations concernant "l'Alya sur un tapis rouge", contactez votre shaliah local ou le centre d'Alya le plus proche.