
Anne – Laure Muller, « J’ai trouvé ma place »
En trois mois, Anne-Laure Muller, parisienne survoltée, décide de tout plaquer pour tenter l’aventure sioniste. Aujourd’hui, à la tête d’une ligne de vêtements et d’accessoires pour enfants, cette amatrice de photographie fait le point sur son parcours.
En décembre 2008, Anne-Laure Muller décide de faire son Alyah. « J’ai pris la décision très vite, 6 mois plus tard » explique la jeune femme de 41 qui a posé ses valises en mai 2009 à Ashdod. Après trois mois de Merkaz Klita, l’olim prend ses quartiers à Tel-Aviv. « J’avais très envie d’une grande ville où on peut rencontrer plein de monde d’horizons très différents » analyse Anne-Laure qui conçoit comme une impérieuse nécessité la vie sociale et culturelle. A ce double-titre, la ville blanche remplit toutes ses espérances. Celle qui à Paris était commercial, s’est lancée en Terre sainte dans une nouvelle carrière. Avec une amie, elle aussi nouvelle immigrante, Anne-Laure monte une ligne de vêtements et d’accessoires pour enfants : « Cap ou pas cap ? ». Au programme des tee-shirts originaux en surpiqures, des serre-têtes uniques et des bandeaux. « En France, se souvient Anne-Laure, j’avais des tonnes de projets et à chaque fois les lenteurs bureaucratiques et les gens autour de moi me décourageaient ». Si dans l’hexagone, la jeune femme est une hyperactive difficile à suivre, en Israël, elle concède, « C’est moi qui court après la locomotive. Ici, tout va très vite ».
En France, on dit « j’aimerais, », « je voudrais », en Israël, on dit juste « Ani Rotsa »
Après s’être expatriée un temps en Angleterre, en Belgique et aux Canaries, Anne-Laure semble avoir trouvé sa place en Israël. « Ici, je me sens chez moi, c’est comme si j’avais trouvé ma place. Même si le climat sécuritaire se dégradait, je ne partirais pas » confie-t-elle pleine de confiance en son avenir israélien. Un avenir bien loin de la grisaille parisienne. « En France, j’étouffais mentalement » explique Anne-Laure qui aujourd’hui se sent « libérée ». Une libération qui lui sied comme un bâton de la victoire. « La mentalité israélienne convient à mon caractère à mon état d’esprit » explique-t-il. Illustration pratique : « Quand nous avons commencé à démarcher pour notre ligne de vêtements, nous avions la mentalité française, ca ne collait pas. Ici tout le monde fonctionne de façon plus franche, plus directe. En France, on dit « j’aimerais, », « je voudrais », en Israël, on dit juste « Ani Rotsa » (qui signifie en hébreu « je veux »). Le plus dur dans la alyah ? « Se séparer de sa famille, ses amis et dépasser la difficile barrière de la langue ». Si le facteur religieux n’a pas joué dans son départ, Anne-Laure explique : « Aujourd’hui, je me rends compte combien mon judaïsme en France était bridé. Si l’antisémitisme ne m’a poussé à partir, la situation des juifs de France me conforte aujourd’hui dans mon choix à posteriori ».
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