
Liza : la foi d’Israël
Liza Serfaty a quitté la France en plein déclenchement de la seconde Intifada. Prenant à contre-pied son avenir tout tracé, elle a livré un vrai combat intime pour changer de destin. Rencontre avec une femme de poigne qui a la foi d’Israël chevillée au corps.
Liza a, tout juste, 17 ans quand elle plaque tout pour poser ses valises en Israël. « Tout plaquer » l’expression n’est pas trop forte. A Paris, la jeune bachelière quitte une famille unie, un grand appartement dans un quartier huppé de la Capitale, une bande d’amis, un petit ami mais aussi et surtout un chemin qui lui était tout tracé. « J’avais envie d’autre chose » explique celle qui ne se voyait pas « aller sans entrain à la faculté de Tolbiac ou d’Assas en attendant le week-end où la grande question est de savoir dans quelle boîte on va aller ». L’aspiration est haute et l’atterrissage violent. « Je me suis retrouvée seule en pleine nuit sur le campus de Bar-Ilan avec mes 60 kilos de bagages à chercher ma chambre » se souvient la jeune femme qui est aujourd’hui maman de 3 enfants : Alya, Hillel et Noa. Les premières semaines sont dures mais la jeune femme s’accroche avec la volonté farouche de celle qui ne veut pas donner raison aux sceptiques. « Au début, je passais chabbat toutr seule, je me conditionnais à dormir toute la journée de samedi » raconte celle qui dans le même temps déploie beaucoup d’enthousiasme au téléphone avec ses proches restées à Paris : « Je disais à ma mère que c’était super, génial ». Partie seule, sans réseau amical dans les écoles juives, Liza cumule un autre handicap de taille : la barrière de la langue. « Je n'étais pas nulle, je ne connaissais rien » explique celle pour qui on crée la classe de Aleph Minus. Ils ne sont que 3, « moi et deux étudiants russes ». En amphi, la jeune française nage mais ne coule pas : « J’apprenais par cœur les cours, bêtement. Quand le prof faisait une blague en hébreu, je riais pour faire comme tout le monde mais je ne comprenais pas ce qu’il disait ». Volontaire, acharnée, Liza s’intègre à un groupe d’olims français. « On allait à des cours de pensée juive, on passait chabbat ensemble ». Car Liza ne fait pas seulement son alyah, elle opère un véritable chemin spirituel. Aujourd’hui mariée à Yoni un oleh originaire de Strasbourg, Liza vit aujourd’hui à Givat Shmouel, non loin du campus universitaire de Bar-Ilan qui a vu ses premiers pas en terre sainte. Diplômée en Science Politiques et en Relations internationales, Liza a fait plusieurs jobs. Après avoir été journaliste, elle est aujourd’hui Chargée de clientèle dans une boite de Hi-Tech. 11 ans après son alyah, Liza Serfati a réussi son pari. « J’avais envie d’autre chose que la vie que Paris m’offrait ». Seul regret : le froid, l’hiver. « C’est dingue mais ca me manque beaucoup ». Beaucoup ? Oui mais pas de quoi revenir.