
Israel Tavor
"Depuis notre Aliyah, nous souhaitons vous donner quelques nouvelles après presque 15 mois en Israël.
A notre arrivée, nous avons changé de nom de famille pour Tavor, ainsi que nos prénoms, Israel pour moi et Azriela pour ma femme.
Pour nous, cela faisait partie de ce très long processus d'intégration qui se poursuit encore aujourd'hui.
Alors que je viens d'une famille totalement assimilé au point même que je n'étais jamais entrée dans une synagogue avant mes 24 ans et que ma femme, venant d'une famille non-juive, souhaite se convertir depuis l'âge de 15 ans, notre aventure nous permet de prendre conscience du chemin parcouru.
La décision de venir vivre en Israël reste sans aucun doute l'une des meilleurs que nous ayons prise et chaque jour est un petit miracle. Nous avons vécu en 15 mois en Israël plus qu'en 30 ans en France. Résumez ces 15 mois est bien sur impossible, il y a tant à dire sur cette aventure. Le choix de Ra'anana comme ville d'accueil fut aussi une très bonne idée, et je me félicite à chaque instant d'avoir insisté pour y commencer notre nouvelle vie... et la poursuivre en Israël. On dit de Ra'anana que cette ville permet un atterrissage en douceur en Israël: c'est vrai, et nous en profitons!
Nous avons passé d'abord 9 mois dans le merkaz klita (centre d'intégration) de Ra'anana, où j'ai fait l'oulpan jusqu'en mars 2011. Dès février ma femme a eu une chance incroyable: elle a trouvé un travail dans le domaine exact où elle exerçait à Paris, puis son patron, lui a demandé ce qu'elle faisait exactement en France... pour faire court, au final, son patron en Israël a racheté la société dans laquelle elle était en France et elle travaille depuis la maison pour son ancienne société.
De mon côté, deux mois après la fin de l'oulpan, je tombe sur les coordonnées du patron d'une société de tourisme et j'envoie mon CV en candidature spontanée. J'ai donc passé un entretien chez partirenisrael.com, pensant travailler sur le call center, mais Erez, le directeur de la société, me dit "En fait je ne cherche personne, mais j'ai un projet..." Il me le présente, et je lui dis "Mais je n'ai jamais fait tout ça" et il me répond "C'est pas grave, tu apprendras"... Me donner ma chance! Enfin! C'est un poste dont je n'osais même pas rêver en France et que j'ai en en deux mois ici. Bref, je m'éclate au travail!
La petite est rentré à la crêche ou l'on découvre la "yaldut israelit"... et je regrette de ne pas avoir connu ça moi-même enfant! L'année prochaine elle entre en maternelle.
De son côté ma femme a entamé des démarches de conversion auprès des autorités rabbiniques orthodoxes, à la fois par conviction profonde et aussi pour avoir le sentiment de "régulariser" la situation. Encore une fois, nous avons rencontré, loin des clichés, des gens exceptionnels qui sans juger nous ont accueilli, aussi bien le rabbin que le beth din, tous avec sensibilité, sérieux... et humour! Nous ne pouvons que remercier le Rav Ben Nissan, mais aussi la rabbanit Myriam Morali pour ses cours et sa disponibilité ainsi que la communauté Kinor David du Rav Koren.
9 mois après être entré au merkaz klita, nous avons donc trouvé un appartement à 35 secondes de la crêche, juste en face d'un petit parc et au centre ville... et bien plus spacieux que ce que nous avions à Paris.
On dit que l'Aliyah est un processus difficile... c'est vrai, mais le secret pour la réussir et de venir en Israël sans rien attendre, tout en étant optimiste. Il faut savoir à l'avance que l'on aura des coups de déprimes, et c'est tout à fait normal, il suffit de savoir que ces déprimes font partis du processus d'intégration et que surtout ils finiront par passer. Il faut garder en tête la raison pour laquelle on est venu en Israël. Pour le moment, nous avons la chance de réussir et même si tout devait s'arrêtait demain, ça sera sans aucun regret, car d'une part on aura la fierté d'avoir essayé et ensuite personne ne pourra nous retirer ces moments que nous avons vécu et vivons.. et vivrons encore longtemps je l'espère."