
Laurence, Une olah au chevet d’Israël
Comme près de 2000 juifs de France, Laurence Dalem a choisi de s’installer en Israël. Celle qui aurait pu devenir médecin en France, a décidé de tout plaquer pour vivre son rêve sioniste. Un retour aux sources de son identité.
Parisienne expatriée à Nice à la fin de ses études de médecine, Laurence s’envole pour Israël en janvier 2009. « L’idée me trottait dans la tête depuis longtemps » explique Laurence. Même issue d’une famille laïque, la jeune femme grandit bercée par les valeurs sionistes. Après un an passé en Israël, Laurence tire un premier bilan. De sa voix dynamique, elle raconte combien sa vie a changé. Installée à Beer -Sheva, Laurence est aujourd’hui interne au service pédiatrique de l’Hôpital Soroka. Un centre médical de renommée internationale. En effet, le 31 mai dernier, cinq médecins de son Centre Universitaire revenus d'Haïti ont été décorés. Pendant leur séjour sur l’île sinistrée, ils appartenaient à la délégation médicale israélienne qui a traité plus de 1110 patients, réalisé 319 interventions chirurgicales et 16 naissances. Si Laurence a choisi Beer-Sheva, c’est parce qu’elle y a trouvé un poste. Alors que la plupart des olims choisissent des grandes villes comme Jérusalem ou Tel-Aviv, Laurence s’installe au cœur d’Israël. Si elle conçoit la difficulté d’avoir une vie sociale, elle explique avec le sourire : « C’est surtout le rythme des gardes qui m’empêche pour le moment d’en avoir une ».
Les israéliens ont une façon de vivre, de se comporter plus brute, plus authentique
Très prenante, la vie d’une interne recèle aussi bien des surprises. « Quand j’ai été titularisé à l’hôpital, l’équipe m’a accueilli avec une petite fête » se souvient-elle émue. Les rouages administratives, la séparation avec sa famille française et la barrière de la langue : Laurence balaie tout ça d’un revers de main : « Bien sûr, c’est difficile mais à côté de cela, cette nouvelle vie m’apporte énormément. Je trouve que les israéliens ont une façon de vivre, de se comporter plus brute, plus authentique ». La clé d’une alyah réussie : La préparation. « J’ai beaucoup travaillé en amont, réalisé un voyage d’études. J’ai rencontré des chefs de services des hôpitaux » raconte Laurence. Celle qui n’a pas pris de cours d’hébreu en France, a appris sur place. « J’ai fait un Oulpan de 6 mois et après il n’y a qu’une chose à faire se jeter à l’eau » conseille Laurence. « Pour le reste, rien ne vaut la pratique quotidienne » précise celle qui à l’hôpital croise tous les jours des patients de tous horizons. Dans les rares moments du doute, Laurence se raccroche à son rêve, sa vocation médicale et cette nouvelle vie qu’elle se construit chaque jour sous le soleil du Néguev. Et en optant pour Beer-Sheva – littéralement le puits du Serment – elle a mis toutes les chances de son côté.