{4F805597-AC32-42F4-9EE2-BAD88CE3B8B2} Rahel (Bluwstein)
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L'année juive
Rachel (Bluwstein) (1891 - 1931)

Poétesse hébraïque née à Saratov en Russie. Très tôt elle se mit à écrire des poésies en langue russe. En 1909, elle s'installa en Israël, à Rehovoth, et passa à 1'écriture en hébreu. Pionnière, elle fut l'une des premières stagiaires de la ferme-école de Kinereth où elle connut Aharon David Gordon. Entre temps, elle fit en 1913 un stage d'agronomie à l'Université de Toulouse.

La guerre 1914-18 l'empêchant de revenir en Palestine, elle se rendit en Russie jusqu'à la fin des hostilités. Après son retour en Israël, trop maladive pour poursuivre sa vie d'agricultrice, elle devint 1'un des premiers poètes à s'exprimer dans une langue simple et directe. C'est sans doute la poétesse qui fut la plus proche du sentiment exact du paysage israélien. Elle mourut, vaincue par la maladie, à l'âge de 41 ans.

Poèmes de Rahel :

Peut-être...

Peut-être les choses n'ont-elles jamais existé
Peut-être. . .
Jamais ne me suis-je levée à l'aube pour aller au jardin,
Y travailler à la sueur de mon front ?

Jamais pendant les journées longues et brûlantes
Des moissons,
Du haut de la gerbière chargée de foin Je n'ai fait entendre ma voix

Jamais je ne me suis trempée dans l'azur tranquille
Et la pureté de tes eaux Mon Kinereth, Oh ! mon Kinereth,
Existes-tu ? Ou l'ai-je rêvé ?

A mon pays

Je ne t'ai pas chantée ma terre
Et je n'ai pas orné ton nom
Par des prouesses
Par le butin des combats :
Mes mains n'ont fait que planter un arbre
Sur les rives tranquilles du Jourdain
Mes pieds n'ont fait que fouler un sentier
A travers champs.

Il est bien pauvre mon présent,
Je le sais, ma mère,
Il est bien pauvre
Le présent de ta fille :
Rien qu'un cri de joie
A la lumière de l'aub
Rien que des larmes cachées
Pour ta propre pauvreté.

Source : Voir Israël, vivre Israël, Eliahou Eilon, Département Jeunesse et Hehaloutz, 1984.



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