Poétesse hébraïque née à Saratov en Russie. Très tôt elle se mit à écrire des poésies en langue russe. En 1909, elle s'installa en Israël, à Rehovoth, et passa à 1'écriture en hébreu. Pionnière, elle fut l'une des premières stagiaires de la ferme-école de Kinereth où elle connut Aharon David Gordon. Entre temps, elle fit en 1913 un stage d'agronomie à l'Université de Toulouse.
La guerre 1914-18 l'empêchant de revenir en Palestine, elle se rendit en Russie jusqu'à la fin des hostilités. Après son retour en Israël, trop maladive pour poursuivre sa vie d'agricultrice, elle devint 1'un des premiers poètes à s'exprimer dans une langue simple et directe. C'est sans doute la poétesse qui fut la plus proche du sentiment exact du paysage israélien. Elle mourut, vaincue par la maladie, à l'âge de 41 ans.
Poèmes de Rahel :
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Peut-être... Peut-être les choses n'ont-elles jamais existé Peut-être. . . Jamais ne me suis-je levée à l'aube pour aller au jardin, Y travailler à la sueur de mon front ? Jamais pendant les journées longues et brûlantes Des moissons, Du haut de la gerbière chargée de foin Je n'ai fait entendre ma voix Jamais je ne me suis trempée dans l'azur tranquille Et la pureté de tes eaux Mon Kinereth, Oh ! mon Kinereth, Existes-tu ? Ou l'ai-je rêvé ? |
A mon pays Je ne t'ai pas chantée ma terre Et je n'ai pas orné ton nom Par des prouesses Par le butin des combats : Mes mains n'ont fait que planter un arbre Sur les rives tranquilles du Jourdain Mes pieds n'ont fait que fouler un sentier A travers champs. Il est bien pauvre mon présent, Je le sais, ma mère, Il est bien pauvre Le présent de ta fille : Rien qu'un cri de joie A la lumière de l'aub Rien que des larmes cachées Pour ta propre pauvreté. |
Source : Voir Israël, vivre Israël, Eliahou Eilon, Département Jeunesse et Hehaloutz, 1984.