Si nous reprenons les divers aspects de cette discussion, nous pouvons en tirer les implications suivantes.
Actuellement, les relations Israël-Diaspora sont extrêmement complexes et diverses.
L'une des raisons est qu'il s'agit d'une relation entre deux entités bien réelles. Autant Israël que la Diaspora ont bien des réussites à leur actif, mais également beaucoup de problèmes. La relation existant entre deux sociétés ayant des problèmes effectifs est différente par essence de celle qui existait pendant une si grande partie de l'histoire juive, avant les temps modernes, lorsque la Diaspora était la réalité juive et que Israël constituait un mythe, auquel on pensait soit en fonction de son passé lointain, soit de son avenir messianique.
Le mythe et le rituel étaient (et sont encore potentiellement) des moyens très efficaces de perpétuer une relation basée sur la centralité d'Israël. Ce modèle n'a été sérieusement remis en cause qu'avec l'avènement des temps modernes, qui ont marqué l'émancipation et la liberté du judaïsme occidental, et plus encore avec l'apparition du Sionisme. Nous pouvons suggérer que le Sionisme a continué à mythifier Israël en le présentant d'une manière très idéaliste et en fonction d'une idéologie.
Cependant, il est inévitable que à un certain moment la réalité finisse par l'emporter sur les mythes, et c'est ce processus qui a obligé à rechercher des modèles plus complexes de relations entre Israël et la Diaspora. Il y a certaines indications que ces nouveaux modèles commencent à apparaître et que peut-être pour la première fois dans l'histoire juive, un véritable dialogue, basé sur le respect et la prise de conscience des différences, commence à s'instaurer entre les penseurs israéliens et les leaders de Diaspora. Il est évident qu'un tel dialogue est tout ce qu'il y a de plus nécessaire.