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Aliyah

L’AlyHigh Tech

Entretien avec Samuel, ingénieur francophone travaillant dans l’industrie de la High Tech Israélienne depuis plus de dix ans.

Je m’appelle Samuel (pour des raisons de sécurité son nom de famille ne sera pas dévoilé), j’ai fait ma scolarité en école juive à Paris. Mon parcours dans l’aéronautique a débuté avec des études en France à Sup Aéro, puis j’ai travaillé un an dans une société de construction de moteurs d’avions.
J’ai alors décidé de faire mon Alyah. Mon diplôme a été reconnu et j’ai rapidement retrouvé du travail.
Je vis actuellement à Jérusalem, je suis marié et père. Je travaille dans le domaine de l’aérodynamique Israélienne : drones et missiles.

L’hébreu est-il un problème pour un Olé qui souhaite intégrer la High Tech Israélienne ?
«Si tu ne parles pas hébreu tu n’as aucune chance dans la High Tech». Combien de fois ai-je entendu ou lu cette phrase sur différents réseaux sociaux… Ne pas maîtriser parfaitement l’hébreu n’est pas forcément un frein pour prétendre rejoindre le monde de la technologie de pointe israélienne. L’ingénierie est un domaine très vaste en Israël et il y existe différents postes. Ce qui importe à un employeur est le savoir technique du postulant. La responsabilité de la langue se trouve avant tout face au client et pour ce faire, elle sera prise par des experts qui maîtrisent la langue du client. L’ingénieur n’a besoin que de savoir se faire comprendre par son chef de département.  Ce qui est d’autant plus intéressant est le fait que nombre d'ingénieurs dans la High Tech israélienne (on ne parle pas ici du domaine militaire) soient des Olim H'adashim -nouveaux immigrants-. Beaucoup sont originaires de France, de Russie ou d’Argentine, nous trouvons également des ingénieurs ayant fait leur Alyah depuis les Etats-Unis ou la Roumanie. La résultante est que la langue commune est très souvent l’anglais qui sera par contre une condition sinequanone d’acceptation dans une entreprise.

L’Alyah ouvre-t-elle toutes les portes de la High Tech israélienne ?
Si l’Alyah est bien vue, il faut se rappeler que la confidentialité est le maître-mot de l’industrie israélienne (sur certains projets encore plus que dans d’autres pays). Si un Olé peut intégrer plus ou moins facilement une entreprise qui aura l’armée comme client, il est cependant assez difficile de se faire accepter dans une entreprise militaire. Dans tous les cas, le Olé, comme n’importe quel candidat, devra passer la période du ‘’Sivoug Bith’oni’’ (classification de sécurité) qui est en général longue de six mois.

N’y a-t-il pas trop d’ingénieurs en Israël ?
L’ingénierie est un domaine ultra dynamique et on y trouve toujours du travail. C’est un métier qui réclame beaucoup de compétences et de savoir-faire mais qui se veut créateur de nombreux projets et dispose pour ce faire de gros budgets. On n’est pas la «Start Up Nation» pour rien ! 

Qu’en est-il des rémunérations ? Est-ce comme en France ?
Les gens ne comprennent pas qu’il y a une différence entre la France et Israël. En France tu ne travailles que sur une partie du projet, tu ne le connais pas dans sa globalité. Tu n’es en contact qu’avec ton responsable direct qui fera ensuite remonter l’information et ton travail plus haut. Les possibilités d’avancement sont donc longues et compliquées. En Israël c’est complètement différent. Tu es partie intégrante du projet, tu en connais tous ses tenants et aboutissants et si tu t’investis tu peux rapidement gravir les échelons puisque peu importe ton ancienneté dans l’entreprise, tes supérieurs seront toujours à l’écoute de tes idées et projets. On te permet de découvrir toutes les nouvelles technologies de l'entreprise, c’est complètement différent de la France ! En Israël, on investit dans la vie et dans l’avenir et pour cela, on pousse quelqu’un d’entrepreneur.
La résultante directe est bien évidemment le salaire : un ingénieur expérimenté sera mieux rémunéré qu’un ingénieur récemment diplômé, mais il aura tous les outils en main pour persévérer, faire ses preuves et avancer.
Cela fait quatorze ans que je travaille en Israël, je vois autour de moi que les entreprises aiment les Olim et veulent les aider. C’est une grande opportunité pour les ingénieurs qui désirent venir depuis la France.

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21 Jui. 2015 / 5 Av 5775 0
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